pichi...
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Bon voyage sur ce blog créé début septembre 2006...
Beijing, le lundi 10 novembre 2003
Sortant chaque jour, je
suis appelé à passer devant ce petit bâtiment très souvent. C'est un espèce de cube à un étage, gris, posé sur un pauvre gazon. Devant, il y a un petit parking pour 7 ou
8 voitures. Les clients se garent devant l'entrée et pénètrent dans l'établissement. Il a une porte toute vitrée à 2 larges battants. Après, je ne vois plus rien de ce restaurant très peu mis en
valeur. Le seul élément décoratif, c'est une gerbe de feuilles atificielles (style "feuilles d'érables rouges", qui survivra encore à bien des automnes...)
Ha si : il y a aussi cette femme. Toujours présente. Toujours debout. Toujours la même tenue et la même coiffure (très "ancien régime"). Toujours la même position. Toujours la même attente, la même constance. Ce n'est pas que décoratif... c'est en fait un vieux modèle de "poignée automatique". Le regard semble lointain... mais elle ne perd rien de ce qui se passe dehors... Une voiture se gare, un client se présente et hop : elle lui ouvre la porte. Et en plus elle lui dit bonjour, l'invite à entrer, lui souhaite la bienvenue... une merveille de technologie... un petit bijou bourré d'électronique... et payé au lance-pierre avec ça ! (quand nos industriels occidentaux vont se rendre compte de ça : notre CAC40 va bondir de contentement...)
« Un Chinois n'écrit jamais un traité de dix mille ou même cinq mille mots pour établir un point donné. Il fait une simple note sur le sujet et laisse la postérité le juger en bien ou en mal, se fiant à son mérite intrinsèque. C’est pour cette raison que les lettrés nous léguèrent un aussi grand nombre de cahiers de notes appelé « pichi » ou carnet de notes... Des notes prises de bric et de broc sur des sujets divers, Carnet de notes contenant un fatras indéchiffré d’informations confuses jetées pêle-mêle, sans examen ni classement préalables, traitant de tous les phénomènes de l’univers… »
Lin YUTANG « la Chine et les Chinois »